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Politique générale du gouvernement: voici le discours de Kassory Fofana au Parlement

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Résultat de recherche d'images pour "kassory devant les députés"(Lejour.info) - Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

 

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, Mesdames et

Messieurs les Membres des Corps Diplomatique et Consulaire, Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de fierté, mais non sans humilité, qu’il m’est permis de présenter la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement devant votre auguste Assemblée.

Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, a bien voulu porter son choix sur ma modeste personne pour les hautes fonctions de Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Vous me permettrez donc, honorables députés, de lui exprimer solennellement devant votre Assemblée, ma profonde gratitude pour cette marque de confiance et lui réitérer tout mon engagement patriotique à servir la nation guinéenne du mieux que je pourrai.

Je voudrais exprimer toute ma fierté à travailler avec SEM le Président de la République, cet homme d’une grande dimension. En effet, le Professeur Alpha CONDE a une vision, une ambition pour notre pays, Honorables Député

Je partage son projet de société qui vise à inscrire résolument la Guinée dans la modernité et en faire une destination privilégiée en Afrique.

Vous l’avez compris, je suis honoré de participer, à ses côtés, à la noble entreprise de construction d’une Guinée meilleure, pour toutes ses fils et filles, dans la fraternité et la solidarité.

C’est dans cette perspective, j’ai tenu, dès ma prise de fonction, à rencontrer les Institutions Républicaines, dont votre auguste Assemblée dans le but de renforcer et d’amplifier la synergie dans une collaboration souhaitable et indispensable entre nos différentes Institutions pour rechercher ainsi les meilleures pratiques de gouvernance possibles pour notre pays.

C’est vous dire combien le dialogue social me tient à cœur et combien il me parait essentiel dans la période actuelle. Car, si les intérêts des différents acteurs peuvent être divergents, seul le dialogue social et politique reste le cadre de concertation pour assurer une bonne gouvernance visant à promouvoir la justice sociale, les relations professionnelles équitables, le développement durable et la quiétude sociale.

Comme vous le savez, notre Constitution en son article 58 alinéa 3, confère au Premier Ministre Chef du gouvernement la responsabilité de la promotion du dialogue social. Il doit veiller à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques, je voudrais vous dire ici, je m’y engage.

C’est la raison pour laquelle, je poursuivrai le dialogue entrepris avec les partis politiques et les partenaires sociaux, car ceci me semble être la condition essentielle pour la réussite de la politique économique et sociale à mener.

Il n’y a pas de développement sans paix. C’est pourquoi, Honorables Députés, je vous tends une main fraternelle pour accompagner le Gouvernement dans ses efforts de construction d’une Guinée unie dans la paix, forte dans la synergie entre les institutions républicaines et prospère dans la conduite de sa politique économique et sociale.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

L’histoire récente de notre pays reste marquée de tensions, de violences et de convulsions politiques et sociales récurrentes. Cette situation porteuse en soi de risques sur la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale a déjà conduit aux conséquences aussi fâcheuses que morts d’hommes et destruction des acquis économiques.

Je voudrais saisir la présente occasion pour avoir une pensée solidaire pour les victimes des différents mouvements sociaux, toutes les victimes, filles et fils de ce pays, dont la disparition est une immense perte, pour les familles ainsi que pour la Nation.

A ces familles éplorées et au peuple de Guinée endeuillé, je présente les sincères condoléances de SEM le Président de la République, les miennes propres et celles du Gouvernement.

Je vous prie d’observer, avec moi, une minute de silence à la mémoire des disparus.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

Une déclaration de politique générale est, par définition un exercice fastidieux. Cependant, dans les circonstances actuelles, la tâche semble relativement aisée dans la mesure où les contours de ladite politique générale sont déjà fixés par le Président de la République.

Mon propos s’interdira de réinventer la roue dès lors que la vision politique et les stratégies qui la sous-tendent sont énoncées par le Président de la République.

Celles-ci sont traduites en effet dans la vision stratégique 2040 et recadrées sur un horizon à moyen terme (2016-2020) dans le Plan national de développement économique et social (PNDES), qui a déjà recueilli votre approbation.

Le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) prend en compte le programme économique. A travers le PNDES, la Guinée s’est dotée d’un instrument susceptible de donner une nouvelle impulsion à sa politique de développement. La stratégie à la racine de ce plan s’appuie sur un programme de redressement et de développement économique à la fois volontariste et réaliste fondé sur l’investissement privé et public. Ce plan identifie les sources porteuses de croissance et tient compte des avantages comparatifs du pays.

C’est pourquoi, il reste le document-cadre de la politique économique et sociale que mon Gouvernement s’emploiera à mettre en œuvre.

À cet égard, je me permettrai, avec votre permission, d’avoir quelques mots de reconnaissance pour les Gouvernements qui ont précédé le mien et à toutes les équipes qui ont accompagné le Président de la République, depuis son accession à la magistrature suprême, y compris l’Assemblée Nationale.

Il convient en effet de mettre au crédit de mes prédécesseurs la stabilisation de la politique macroéconomique depuis 2010. Les grands indicateurs ont connu une évolution favorable. En dépit du choc économique causé par la crise Ebola, l’économie a repris sa dynamique positive avec un taux de croissance qui a dépassé les 8% en 2016, une inflation et une dette dont l’évolution reste sous contrôle et un niveau de réserves de change dans la fourchette recommandée par le Fonds Monétaire International (FMI).

La vocation de mon Gouvernement est maintenant de consolider ces acquis et de corriger les faiblesses de manière à accélérer la mise en œuvre du PNDES.

Comme vous le savez, Honorables députés, j’ai fait le choix, en 2014, d’accompagner le Président de la République. La cohérence avec ce choix et l’honnêteté qui en découle exigent que je m‘arrête quelques instants sur les acquis des Gouvernements qui nous ont précédé.

Sous le leadership du Président Alpha CONDE, beaucoup a été fait et souvent bien fait au bénéfice de la Guinée et des Guinéens.

En effet, face aux enjeux économiques et sociaux de l’époque, marqués par une pauvreté généralisée, des déséquilibres macroéconomiques et la stagnation de l’économie, le leadership du Président Alpha CONDE aura permis de restaurer les équilibres économiques, de redonner confiance à la communauté internationale, d’asseoir les bases d’un État de droit et de placer ainsi la Guinée dans la trajectoire d’une croissance forte et soutenue.

La stabilisation de la politique économique depuis 2010, les avancées significatives en investissements traduits notamment dans les barrages hydroélectriques, de même que les initiatives présidentielles dans l’agriculture et la relance du secteur minier, sont sans doute l’expression la plus palpable de la transformation économique en cours.

Le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) donne le témoignage de l’impulsion d’un véritable changement de paradigme dans l’évolution économique et sociale de la Guinée. Il me plait de relever que le PNDES bénéficie du soutien des partenaires techniques et financiers de la Guinée, avec des engagements de financement d’un montant de 21 milliards de dollars US. Ce plan est aussi conforté par l’Accord Cadre historique avec la Chine d’un montant de 20 milliards de dollars US. Qu’il me soit permis de remercier les partenaires ici présents pour leur accompagnement pour la mise en œuvre du PNDES.

Vous conviendrez dès lors que la mise en œuvre du PNDES sera la matrice de l’action du nouveau Gouvernement. Tous les efforts seront déployés pour poursuivre les réformes entreprises et garantir l’exécution des objectifs du Plan par l’accélération des décaissements sur les financements extérieurs négociés ou en voie de l’être afin de promouvoir une croissance inclusive et partagée par le plus grand nombre de nos concitoyens.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le PNDES est ainsi l’expression achevée, peut-on dire, du projet de société du Professeur Alpha CONDE, lequel vise à terme de faire de la Guinée un pays émergent, une société moderne et démocratique, ouverte sur le monde et respectueuse des valeurs universelles.

C’est bien conscient des enjeux ainsi évoqués que mon Gouvernement s’engage à consolider les bases de la transformation structurelle de l’économie nationale, et à renforcer la cohésion sociale par voie de recours systématique au dialogue social.

Les défis comme vous pouvez l’imaginer restent nombreux.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Les discours conventionnels et les propos mielleux, je le saids ne sont pas de mise.

Le premier devoir de l’homme politique du monde contemporain est de dire la vérité. Et la vérité est que notre pays est à la croisée des chemins, de nombreux défis restent à relever sur les plans économique, politique et social.

La réalité des progrès enregistrés de la gouvernance du Professeur Alpha CONDE que j’ai évoquée, tantôt, n’a pas encore permis d’impulser un véritable changement de paradigme et de renforcer la confiance dans l’action publique. Il en est ainsi parce que les effets des succès économiques restent inachevés si on en mesure l’impact sur la réduction de la pauvreté et des inégalités économiques et sociales qui, à bien des égards, se sont parfois aggravés.

Mon Gouvernement prêtera davantage attention à la réduction de l’extrême pauvreté, telle que reflétée dans le taux de mortalité infantile, la malnutrition, l’analphabétisme, l’habitat social, la sécurité des populations et de leurs biens, leur santé, de même que le chômage endémique des jeunes en particulier.

Le mandat donné à l’équipe gouvernementale par le Chef de l’État est de traduire les performances macroéconomiques en réalités microéconomiques positives en termes de pouvoir d’achat de chaque foyer ou famille guinéenne, de chaque entreprise ou unité de production de biens ou de services en Guinée pour le bénéfice des guinéens.

Monsieur le Président, Honorable Députés,

Le Plan National de Développement Économique et Social que vous avez bien voulu adopter se veut un plan intégrateur des différents cadres stratégiques ou programmatiques de développement.

De façon spécifique, le PNDES s’articule autour de quatre piliers de développement qui constitueront les axes principaux de l’action gouvernementale. Il s’agit de :

1.    La promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable ;

2.    La transformation économique durable et inclusive ;

3. Le développement inclusif du capital humain ; et

4. La gestion durable du capital naturel.

Qu’il me soit permis de décliner dans les grandes lignes les approches auxquelles mon Gouvernement envisage de recourir pour la mise en œuvre de ces piliers et vaincre ainsi les défis du développement.

L’un des tous premiers défis est la promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable.

Il s’agira de consolider les bases de l’État de droit, de promouvoir la démocratie, d’assurer la sécurité et la cohésion sociale pour asseoir l’autorité de l’État qui fait cruellement défaut aujourd’hui, et rendre à terme l’action publique plus efficace et plus forte.

Mon Gouvernement consacrera beaucoup de temps et d’efforts à promouvoir l’État de droit et l’accès de tous à une justice équitable. Nous poursuivrons les réformes entreprises pour améliorer le système judiciaire. À cet égard, le tribunal de commerce sera rendu opérationnel avant la fin de l’année.

Le Gouvernement renforcera par ailleurs les capacités opérationnelles des services de sécurité dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre la criminalité.

Nous regrettons tous, Honorables Députés, la recrudescence de la criminalité qui a atteint en effet des proportions inquiétantes dans nos villes et villages. Les voleurs et autres coupeurs de route entretiennent un climat de terreur dans la cité. Nous y travaillerons avec vigueur.

Je voudrais vous donner l’assurance ici et maintenant qu’aucun crime ne restera plus impuni.

Les sévices et la mort cruels infligés récemment à El hadj Doura Diallo, arraché à l’affection des siens, et tous les autres crimes de ces dernières années, élucidés ou non connaitront des suites judiciaires appropriées. J’ai demandé au Ministre de la Justice d’étudier la possibilité d’organiser dans les prochains mois un procès des gangs à l’image de celui réussi il y a une vingtaine d’années avec le procureur de la République d’alors feu Alphonse Aboly et le Juge Me Doura Cherif.

La conséquence heureuse dudit procès de gangs, l’on s’en souvient encore, a sonné le glas du crime organisé en Guinée et pour de longues années qui ont suivi le procès.

La recrudescence du fléau interpelle aujourd’hui mon Gouvernement pour inscrire le combat contre le crime organisé sur la short list de ses priorités.

À cet égard, j’en appelle à une collaboration étroite entre les services de sécurité et le système judiciaire. Cette collaboration est un facteur clé pour le succès du rétablissement de l’autorité de l’État et la sécurité des personnes et de leurs biens.

Ce dispositif ne se fera pas au détriment de la défense des libertés fondamentales à commencer par l’accès du public à l’information. Mon gouvernement s’investira dans l’amélioration de la couverture du territoire par les médias publics et privés en développant des infrastructures de communication audiovisuelle.

Il poursuivra le renforcement des capacités des professionnels des médias. L’efficacité du secteur est essentielle pour garantir les libertés et le processus démocratique.

La Guinée comme vous le savez a été l’un des premiers pays à adopter les règles et principes pour protéger chaque citoyen devant la cyber criminalité, nouveau fléau des temps modernes pour lequel mon Gouvernement prêtera une attention soutenue.

Monsieur le Président, Honorables Députes,

Rétablir l’autorité de l’État c’est mener une lutte sans répit contre la CORRUPTION et promouvoir LA BONNE GOUVERNANCE.

Selon le rapport 2011 de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption, repris par celui de 2017, le volume des pots de vin pour la Guinée avoisine en moyenne 600 milliards de francs guinéens chaque année. La même source indique que les opérateurs économiques déclarent avoir payé près de GNF 500 milliards par an en paiement non officiel et 75% des entreprises affirment faire des cadeaux pour obtenir des contrats. Nous devons mettre fin à ces déperditions financières.

Il ne saurait y avoir de développement économique viable sans une lutte conséquente contre la corruption.

C’est pourquoi, je mets au centre de l’action gouvernementale la lutte contre la corruption pour traduire dans la réalité la vision du Chef de l’État pour une gestion parcimonieuse des finances publiques, de façon à investir plus efficacement dans l’amélioration des conditions de vie des populations. Et c’est pour cette raison, ma politique sera d’une tolérance zéro contre la corruption. C’est cela mon engagement vis-à-vis du Président de la République. C’est cela l’engagement du Président de la République vis-à-vis du peuple de Guinée.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale Honorables Députés

Dans ce noble combat contre ce fléau, notre pays dispose déjà de nombre d’Institutions et d’instruments juridiques et règlementaires : la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État, l’inspection générale des finances, l’Autorité de régulation des marchés publics, l’Agence nationale de lutte contre la corruption, l’Agent judicaire de l’État, etc…

En 2017, votre auguste Assemblée a voté la Loi L/2017/041/AN portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées pour permettre à ces Institutions de mieux fonctionner.

J’inscris l’application de cette Loi dans le cadre du programme d'actions prioritaires du Gouvernement afin de promouvoir la bonne gouvernance.

Nous nous appuierons sur ces instruments pour appliquer des mesures destinées à éradiquer le virus de la corruption en Guinée.

Au niveau de la gouvernance locale, la déconcentration et la décentralisation seront renforcées parce qu’étant des éléments constitutifs d’une gestion transparente des collectivités locales.

Ces collectivités locales, se situant dans un rapport de proximité avec la population, connaissent mieux les besoins de celle-ci et de ce fait, sont mieux outillées pour y répondre.

C’est pourquoi, mon gouvernement veillera sur le transfert des compétences et des ressources au niveau local.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Vous conviendrez avec moi que la réalisation des engagements que je viens d’évoquer ne sera possible qu’avec une administration performante animée par des ressources humaines compétentes et motivées.

C’est la raison pour laquelle nous poursuivrons les efforts de rationalisation des départements ministériels et le redéploiement des agents publics. À cet effet, les textes d’application de la loi portant statut général des agents publics seront élaborés et la Loi L028 du 31 janvier 2001 portant statut général des fonctionnaires sera mise à jour.

De même, le projet Banque de données sur les compétences de l’expertise guinéenne et de la diaspora sera actualisé afin d’être efficient dans chacun de nos choix pour atteindre cet objectif d’une Guinée performante.

Il sera par ailleurs mis en place des plateformes de concertation sur le plan de la décentralisation et de la déconcentration avec les secteurs de l’Éducation, de la Santé et de l’Urbanisme-Habitat.

L’Administration du territoire et de la décentralisation constitue le socle de notre développement. Le gouvernement continuera à appuyer les initiatives du Président de la République à travers les fêtes tournantes de l’indépendance par la réalisation des infrastructures de base. Il est à reconnaitre que ces infrastructures sont aujourd’hui les premiers facteurs de restauration de la présence et de l’autorité de l’État.

Le Gouvernement poursuivra le dialogue politique pour renforcer le Comité de suivi des accords politiques dans la mise en œuvre des recommandations issues de ces accords.

Il accélérera la professionnalisation des administrateurs territoriaux pour passer d’une administration de commandement à une administration de développement.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Comme vous le savez, l’assainissement est l’une des faiblesses de nos collectivités. En raison des dégâts causés en période des grandes pluies dans nos centres urbains, particulièrement à Conakry, des déchets obstruent les caniveaux et les réseaux d’évacuation des eaux de pluie et des eaux usées, affectant ainsi la santé des populations et provoquant des éboulements et des inondations dans certains quartiers enregistrant parfois mort d’hommes.

Le Gouvernement a mis en place un plan d’urgence pour répondre sans délais à cette préoccupation. Je veillerai particulièrement à l’exécution de ce plan.

Par ailleurs, pour circonscrire les risques de conflits avec les pays voisins, le gouvernement s’emploiera à accélérer le processus de matérialisation de nos frontières.

Monsieur le président, Honorables députés,

L’action gouvernementale portera aussi sur l’amélioration de la gouvernance économique.

Pour garantir la mobilisation optimale des recettes publiques, mon gouvernement s’engage à atteindre les niveaux de financement requis à travers la mobilisation des recettes fiscales et administratives ainsi que la maîtrise des dépenses publiques.

Je veillerai à faire respecter les procédures de gestion des finances publiques et à renforcer plus efficacement le contrôle de la dépense publique.

Je veillerai, par ailleurs, au niveau local à ce que le transfert des ressources et des compétences soit effectif suivant les instruments prévus par le code des collectivités décentralisées notamment les plans de développement local, les programmes annuels d’investissement et les budgets des collectivités.

Nous sommes conscients de l’enjeu de la participation des populations dans la gouvernance locale. Nous mettrons en place un dispositif institutionnel en relation avec les collectivités afin qu’elles disposent de capacités suffisantes pour assumer leur rôle.

L’appui au secteur privé qui joue un rôle prépondérant dans la création de richesse et d’emplois, sera au centre de nos préoccupations pour que ce secteur joue le rôle qui est le sien. À cet égard, le Gouvernement poursuivra la mise en œuvre des politiques publiques visant à garantir un environnement des affaires plus incitatif à l’investissement privé.

Nous entendons mener une politique plus agressive de développement du partenariat public-privé qui apparait comme la solution alternative à l’insuffisance des ressources propres de l’État et à la limitation de l’aide publique au développement.

Nous veillerons par ailleurs à entretenir une étroite collaboration avec la société civile. Nous l’appuierons dans son rôle majeur de médiation. Nous renforcerons ainsi sa fonction de veille citoyenne dans les situations de conflits sociaux.

Le Gouvernement veillera à ce qu’elle soit associée aux contrats de partenariats, à la mise en œuvre et au suivi des programmes et projets de développement.

Dans le domaine économique, je prendrai toutes les mesures permettant d’assurer le pilotage du programme appuyé par la Facilité Élargie de Crédit avec le FMI. Je m’assurerai du respect des obligations issues du programme en cours.

Honorables Députés, je suis heureux de vous informer que le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International a, dans sa dernière session avant hier 18 juin 2018 à Washington, confirmé la revue du programme économique de la Guinée. C’est une victoire pour la Guinée. C’est un succès additionnel pour le Président de la République dans l’exécution de son agenda économique pour la Guinée.

Le Gouvernement intensifiera la formation afin de renforcer les capacités professionnelles et l’intégrité des agents de l’État par l’adoption du Pacte d’Intégrité de Transparence International, l’implantation d’un Système de Contrôle par les Citoyens et l’Introduction d’un Mécanisme d’Évaluation des collectivités territoriales.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

La transformation de la structure du système productif guinéen est un autre grand défi.

Les avancées en termes de transformation économique demandent encore à être amplifiées.

Le dynamisme du secteur minier, 21% du PIB et 90% de nos exportations, n’a pas encore permis de sortir ledit secteur de son « insularité » par rapport au reste de l’économie.

Le secteur minier n’occupe en effet que 3% de la population active. Le marché du travail et le système éducatif guinéens ne permettent pas, à ce stade, de répondre aux besoins de main-d’œuvre qualifiée exigés par les activités minières.

Il appartiendra d’accorder une attention particulière à la problématique de diversification tant de l’ensemble de l‘économie qu’au sein même du secteur minier, dont la production devrait se diversifier au-delà de la bauxite et l’or, et privilégier le développement de la chaîne de valeurs par la transformation sur place en produits finis ou semi-finis.

Par ailleurs, en dépit de l’impulsion politique donnée au secteur agricole par le Président de la République, l’agriculture guinéenne tarde à amorcer un décollage d’ampleur. La part de l’agriculture dans la création de richesse stagne à 19%. Les efforts financiers consentis, 6% du budget de l’Etat, restent modestes.

L’autosuffisance alimentaire notamment en riz, qui reste l’un des principaux objectifs stratégiques de la politique menée, devra faire l’objet d’une attention particulière de la part du Gouvernement.

Une augmentation plus importante des productions vivrières nous permettra probablement d’infléchir de façon décisive la courbe des importations en riz, ainsi qu’une plus grande dynamisation des productions de coton, de café et de l’anacarde qui permettra d’accroître les exportations.

Nous travaillerons sur la législation foncière, particulièrement le foncier rural pour faciliter l’accès à la propriété foncière rurale, réduire les risques d’investissement dans le secteur agricole et promouvoir les projets d’agro business.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Honorables Députés,

Notre plus grand défi, incontestablement, réside dans le développement des infrastructures, en particulier énergétiques et de transport, qui s’opère à un rythme insuffisant.

Le taux d’électrification reste à 26%, voire 11% dans les zones rurales.

Sous l’impulsion du Président de la République, les investissements pour le développement des infrastructures ont pourtant été considérables depuis 2010.

Dans le seul secteur de l’énergie, les barrages de Kaleta, de Souapiti et de Amarya vont ajouter au parc national au total 1000 MW aux capacités énergétiques de notre pays d’ici 2020, en nécessitant plus de 3 milliards de dollars d’investissements.

Par ailleurs, plus de 800 kilomètres de routes ont été construits depuis 2010.

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