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Affaire des quotas: Laurent Blanc en première ligne

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(Le Jour) - Le sélectionneur de l'équipe de France Laurent Blanc se retrouve en première ligne dans l'affaire des quotas de binationaux et des critères de sélection, révélée par le site Mediapart, après la suspension du directeur technique national (DTN) François Blaquart samedi.
Jeudi soir, Mediapart lâche une bombe médiatique: "Pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue: il y a trop de Noirs, trop d'Arabes et pas assez de Blancs sur les terrains."

Vendredi, tollé général dans le monde du football, démenti vigoureux du sélectionneur: "On ne peut pas faire des quotas dans le football."

La mise en ligne samedi par Mediapart du verbatim de la réunion du 8 novembre 2010, rassemblant les principaux cadres techniques de la Fédération française de football (FFF) clarifie les débats.

Le Directeur technique national (DTN) en fait les frais, en étant suspendu dès samedi. François Blaquart s'était prononcé en faveur d'un quota "en non-dit". Alors qu'une enquête interne a été lancée dès vendredi par la FFF, doublée d'une enquête de la jeunesse et des sports, il est suspendu car son poste relève conjointement de la Fédération et du ministère des Sports, et que sa locataire, Chantal Jouanno, a trouvé les propos "graves".

Samedi, le président de la FFF Fernand Duchaussoy souligne auprès de l'AFP que Laurent Blanc, lui, "ne dépend pas du ministère des Sports". Il élude les question sur les paroles attribuées au sélectionneur et renvoie aux conclusions de la commission, prévues en fin de semaine.

Mais selon le verbatim, Laurent Blanc a abondé dans le sens du DTN, en se disant "tout à fait favorable" à limiter le nombre de jeunes joueurs susceptibles d'opter pour une autre sélection A.

La discussion porte alors sur "l'évasion de joueurs", formés en France, qui optent pour une sélection étrangère et créent des "problèmes dans la gestion de l'effectif", explique François Blaquart à l'AFP.

Lors de cette réunion, le DTN réitère son idée, abandonnée depuis: "L'idéal effectivement, c'est de dire, mais pas officiellement: de toute façon on ne prend pas plus de tant de gamins qui sont susceptibles de changer (de nationalité, NDLR) à terme."

Et Laurent Blanc de répondre: "Ou alors tu les fais passer par des critères différents de sélection". Le sélectionneur lie alors les questions de binationalité et de critères de sélection. Il précise plus loin: "On a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. (...) Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les Blacks. Et c'est comme ça. C'est un fait actuel (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: +Nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas+."

Samedi soir, le sélectionneur se rétracte dans un communiqué: "Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse."

Pour Lilian Thuram, la question des binationaux est "un faux débat", les meilleurs joueurs choisissant l'équipe de France. Dimanche sur TF1, le recordman de sélections en Bleu (142) s'insurge surtout contre les "préjugés sur les couleurs de peau": "Quand est-ce qu'on va arrêter de dire que lorsque vous êtes Noir, vous courez plus vite ? Que lorsque vous êtes Noir, vous êtes moins intelligent?"

Guy Roux aborde la question de manière plus globale: "Il faudrait décider que les joueurs doivent se décider quant à leur sélection dès 18 ans, à leur majorité", a confié l'ex-entraîneur d'Auxerre à l'AFP.

L'affaire a pris un tour politique dimanche. La Première secrétaire du PS Martine Aubry a jugé "inacceptable, terrifiant et imbécile" la question des quotas de joueurs binationaux, soulignant que "Laurent Blanc a fait part un peu tardivement de ses regrets."

Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan a noté pour sa part que Blanc et Blaquart étaient "victimes de la nouvelle inquisition", accusant Chantal Jouanno "d'hypocrisie".

AFP

Le Jour

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