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Déclaration de la PCUD sur la situation politique en Guinée

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(Lejour.info) - En dépit d’élections tumultueuses et difficiles en 2010, notre Pays a réussi à élire son Président de la République, franchissant ainsi un grand pas dans sa marche vers la démocratie et la construction d’un Etat de Droit. La plus forte attente de ces élections était le rassemblement sans exclusif de toutes les filles et de tous les fils du Pays, pour qu’ensemble, dans la cohésion et dans la communion, ils s’attaquent aux vrais défis du développement économique et social, domaine où l’unanimité est faite sur notre retard et son paradoxe, au regard de nos immenses richesses naturelles et humaines.

A la déception générale des observateurs et amis de la Guinée, l’aspiration de nos populations au rassemblement en faveur de l’idéal de développement économique et social, a fortement heurté les manœuvres et désaccords des acteurs politiques autour des élections législatives et de l’institution en charge de son organisation.

C’est ainsi que nous avons passé les vingt (20) premiers mois qui ont suivi les élections Présidentielles, à entretenir inopportunément un climat politique passionné et parfois agité, caractérisé de revendications, de manifestations, d’intimidations, de provocations et de violences, au mépris des vertus du dialogue politique, incontournable condition à l’unité, à la paix et à un développement socio-économique durable.

A la suite d’effets conjugués de multiples pressions, provoquées par un climat de plus en plus tendu, en vue de la recomposition de la CENI, alors handicapée par un défaut évident de légitimité, les autorités gouvernementales et les acteurs politiques ont trouvé sans dialoguer un modus vivendi,  sur un projet de Loi. Cette Loi qui a été votée par le CNT le 17 septembre 2012 et immédiatement ratifiée, a permis la restructuration de la CENI, sans pouvoir prévenir l’éventualité d’un retour à la case départ. Car, à l’instar de la précédente, la nouvelle Loi insinuait les germes de la discorde et de la confrontation entre les commissaires, du fait de la contrariété de leurs origines et ce, malgré un serment qui relève plus du principe de droit, que du pragmatisme si nécessaire à la prévention des écueils,  dans un contexte politique suspicieux.

Par ailleurs, les incontestables performances macroéconomiques réalisées sous le leadership du Président de la République, avec pour prîmes la maîtrise des dépenses publiques, l’amélioration des recettes de l’Etat, la maîtrise de l’inflation et de la masse monétaire en circulation, la stabilité du cours des devises étrangères, le retour à la croissance, l’annulation d’une partie substantielle de nos dettes extérieures, la signature du dixième FED, l’augmentation des salaires du secteur public, sont autant d’acquis, à la consolidation et à l’amplification desquels nous devons tous oeuvrer, pour accélérer leurs impacts réels et pressants, sur les conditions de vie, de plus en plus précaires, de nos braves populations.

Pour consolider et amplifier durablement ces résultats et permettre à notre nation de relever le défi du développement socio-économique, nous n’avons pas d’alternatives à l’instauration au préalable d’un climat de confiance et de compréhension entre les principaux leaders politiques. Et c’est de cette confiance retrouvée entre ses filles et fils, dans le cadre d’un dialogue politique inclusif et constructif, que pourrait renaître la Guinée de nos fiertés oubliées, celle de notre rêve au bonheur, celle de la cohésion sociale, celle de la paix et de la stabilité.

Malheureusement, moins de quatre mois après la restructuration et la recomposition de la CENI, force est de reconnaître que le mérite de la nouvelle Loi n’aura été que différer une confrontation qui était devenue imminente, au second semestre de 2012.

Et la CENI continue ainsi de servir de cadre d’un jeu de marionnettes, avec l’illusoire prétention de ses membres, de pouvoir jouer un rôle utile, sans le soutien concerté de l’ensemble des familles de Partis Politiques qui y sont représentés.

Le développement regrettable des nouvelles polémiques politiques qui ont débouché sur un appel des Partis de l’opposition à une marche programmée pour le lundi 18 février prochain, constitue de réels motifs de préoccupation pour la société civile guinéenne. Car, les manifestations qu’il induit comportent indéniablement des risques aux plans politique, économique, social et humain, qui sont trop chers, en comparaison, au vil prix que requiert le Dialogue, dont pourtant, les avantages sont immenses pour tous.

C’est pourquoi, la Plateforme nationale des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD), au nom de la société civile guinéenne indépendante et impartiale, éprise de justice, de paix et du développement, lance un appel :

Au Président de la République, Chef de l’Etat et garant de l’unité de la nation, pour intensifier les efforts de rassemblement national, en tendant une main fraternelle et sincère aux principaux leaders de l’opposition, en vue de susciter et de bâtir avec eux un climat de confiance et un cadre de concertation favorables à un dialogue politique apaisé et durable dans le Pays. Une telle initiative, qu’il est le seul à pouvoir porter avec succès, menée sans délégation jusqu’à sa maturation, en dépit de ses lourdes charges à la tête de l’Etat, permettra de contrarier significativement l’influence des intrigues et autres extrémistes, de la mouvance comme de l’opposition, qui instrumentalisent les clivages artificiels au profit de tensions politiques permanentes, gages de leurs survies.

Aux leaders des Partis politiques d’opposition, pour qu’ils prennent toutes les dispositions en vue d’un exercice pacifique de leur droit constitutionnel à la manifestation, en sensibilisant et en encadrant les manifestants pour éviter toutes provocations par des propos ou par des gestes envers les paisibles citoyens et les forces de l’ordre, ainsi que toutes atteintes aux biens privés et publics, avant, pendant et après la manifestation. La société civile invite en outre les leaders des Partis politiques d’opposition, à éviter tout discours incitant à la violence.

En outre, la société civile guinéenne exhorte l’ensemble des leaders des Partis politiques de l’opposition, à répondre sans préjugés, à l’invitation du Président de la République, avec un esprit d’ouverture et une entière prédisposition au dialogue. Elle fonde un grand espoir pour que l’appel présidentiel à la rencontre avec les Partis politiques, soit une franche opportunité pour le Gouvernement, pour la mouvance et pour l’opposition, en vue de la création d’un climat et d’un cadre favorables au rassemblement de la famille politique guinéenne, autour de la cohésion sociale et de la paix, conditions incontournables au développement économique et social durable de notre Pays. Le cas échéant, les parties devront comprendre que les attentes des populations à des concessions mutuelles demeurent grandes.

Au Gouvernement de la République, afin que tous ses membres s’engagent dans la logique de l’apaisement en conformité avec sa mission. Ce sera, en notre humble avis, la meilleure manière de témoigner leur loyauté envers le Chef de l’Etat et la nation guinéenne. Car nul, plus que le Gouvernement, n’a intérêt à la paix et à la cohésion sociale nationale.

Aux commissaires de la CENI, pour qu’ils prennent davantage conscience des enjeux de leurs responsabilités, en oeuvrant pour faire de leur institution un facteur de rassemblement et de cohésion nationale. Pour cela, seules la droiture, l’honnêteté, la transparence, l’indépendance et l’impartialité dans un esprit d’équipe, peuvent les gratifier d’une prime d’honneur. La société civile les exhorte à relever ce défi.

Aux éléments des forces de sécurité, en mission de maintien d’ordre, pour qu’ils assurent la sécurité de la manifestation, des paisibles citoyens et des biens privés et publics, dans la plus stricte légalité et dans les règles de l’art, en s’abstenant de toute provocation et en refusant de céder à toutes provocations, en vue de prévenir d’éventuels dérapes.

Aux leaders et militants des Partis politiques de la mouvance présidentielle, pour qu’ils se réservent de toutes attitudes de provocation par des propos ou par des gestes visant à contrarier ou à gêner les manifestants avant, pendant ou après la manifestation.

Aux journalistes et responsables de médias, pour qu’ils veillent à ce que tous les commentaires, reportages et autres couvertures de l’évènement et d’autres crises politiques soient réalisés de manière professionnelle et responsable, en évitant toutes attitudes tendancieuses susceptibles aggraver les tensions.

Aux leaders et acteurs de la société civile, pour se mobiliser, autour des valeurs inaliénables d’intégrité, d’équité, d’indépendance, d’impartialité, de morale et d’exemplarité qui fondent le mouvement citoyen, en vue de la restauration de sa crédibilité et pour contribuer à la paix dans notre cher Pays.

Enfin, la société civile guinéenne, remercie tous les amis et partenaires de la Guinée, qui continuent à œuvrer inlassablement au maintien d’un climat sociopolitique et un achèvement apaisés de la transition.

Conakry, samedi le 16 février 2013

La Plate Forme nationale des Citoyens Unis                                                                                                            pour le Développement (PCUD)