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Conakry ville poubelle : le cas de Matoto

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(Lejour.info) - Matoto, l’une des cinq communes de Conakry,  est confrontée aux énormes problèmes de collecte, de ramassage et de gestion des ordures de tous genres. A l’instar des autres communes, elle bénéficie des services de PME et de services publics  dans le cadre de sa salubrité ; c’est notamment le cas  de Silaty  chargée du ramassage des ordures au niveau du marché et dans les quartiers de Matoto.

Selon  Thierno Amadou Barry  coordonateur de la PME Silaty au niveau du marché de Matoto,  pour servir efficacement les clients, des percepteurs et des balayeurs ont été recrutés par sa structure. Interrogé, M. Barry nous explique que ses agents sont repartis selon les taches. Les uns sont chargés de percevoir le quota (500 Fg le ticket) que chaque vendeur doit s’acquitter par jour  et les autres du balayage du marché afin de pouvoir réunir en un  tas, les ordures. « Ces ordures, poursuit-il,  une fois entassées au niveau du dépotoir du marché,  sont désormais au compte du service public de transfert de déchets (SPTD) qui a à son compte des camions chargés de les transporter au niveau du dépôt de Concasseur ».

En outre malgré la volonté des PME et des braves citoyens qui s’activent ardemment pour pouvoir se libérer des tas d’ordures soit en payant de l’argent ou en balayant et en les ramassant, il est à noter que d’importants défis restent à relever par les services publics ; c’est le cas notamment des camions devant transporter les ordures.

Mariam Sylla, une vendeuse d’aubergines au marché de Matoto,  nous confie que le tas d’ordures peut quelquefois rester deux à trois jours éparpillées de part et d’autre dans le marché et au bord de la route sans que les camions  ne passent pour le ramassage.  Et cela constitue selon elle un grave problème  de santé publique pour non seulement les vendeuses de la place mais aussi pour les passants qui son obligés de se boucher le nez. Cette  triste réalité est palpable aux  marchés de Matoto, Yimbaya et  Enta entre autres. Pour cette vendeuse, il est  incompréhensible de la part des autorités de la Santé et du Transport de rester indifférentes face à cette situation sachant que les immondices et les eaux usées stagnant à ces endroits sont d’une part la cause principale de maladies diarrhéiques et d’autre part ces eaux usées sur le goudron causent des dégâts sérieux  en le creusant.

C’est l’avis partagé par la  majorité des femmes étalagistes que nous avons rencontrées qui regrettent l’absence prolongée des camions chargés de ramasser les ordures.

Les autorités communales de Matoto pointées du doigt par certains citoyens

Dans l’enceinte de la commune de Matoto quatre  camions neufs   sont garés sans être utilisés  à la satisfaction de la population. Selon un des chauffeurs de ces camions qui passe tout son temps à somnoler à l’intérieur de son engin, cela fait un an depuis que ces camions ont été envoyés à la mairie dans le but de faciliter le transport des ordures, chose qui n’a pas été réalisée faute de carburant et de manque de pièces de rechange  pour certains d’entre eux. « Ce qui est incompréhensible lorsqu’on sait qu’il existe un protocole d’accord entre les PME évoluant dans la commune avec les autorités communales qui doivent verser  à celles-ci un quota sur leurs revenus qui pouvaient bien servir à l’achat de carburant et de pièces de rechange » nous confie-t-il avant d’affirmer que les véhicules sont utilisés à titre privé par certains responsables de la commune pour le transport des matériaux de construction.

Faute de ne pas rencontrer le responsable des microprojets et des PME de la commune décédé et non  remplacé,  le vice président de la société civile de  la commune   n’a pas manqué à son tour d’exprimer son désarroi par rapport à la non utilisation de ces camions qui pouvaient servir à améliorer la salubrité de la dite commune. Selon lui, les autorités de la mairie ne sont pas très dynamiques et ne pensent qu’à se remplir les poches sans se soucier du devenir  de la population de leur commune. De  là, il pointe un doigt accusateur en ces termes: « Nous voulons que ce pays avance mais une minorité veut prendre en otage cette nation avec l’ensemble de ses richesses au détriment de la majorité qui tire le diable par la queue »

Face à  ces problèmes d’insalubrité auxquels sont confrontés  les  habitants  de la capitale, l’Etat doit se fixer des objectifs et se donner les moyens de les atteindre afin de fournir aux pauvres populations des services sociaux de base de qualité pouvant à l’instar des pays de  la sous-région.

Dioum Keita/Lejour.info