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Portrait d'un digne fils de la Guinée: Barry Ibrahima dit Barry III (1923-1971)

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(Lejour.info) - Né à Bantinhel, Pita, en 1923, dans une famille aristocratique du clan Seeriyaaɓe, lignage Dayeeɓe, du Fuuta-Jaloo

Magistrat
Leader de la Démocratie Socialiste de Guinée, parti d'opposition au PDG, de 1954 à 1958
Son parti fusionna avec le Bloc Africain de Guinée (dirigé par Barry Diawadou et Keita Koumandian ) pour former la section guinéenne du Mouvement Socialiste Africain
Conseiller Territorial de Pita
Député aux Assemblées Constituante et Nationale
Ancien dirigeant de l'opposition socialiste au PDG
Surnommé « Syliyorè » (Petit Eléphant) pour la similarité entre son programme politique et celui de Syli
Rallié au PDG pour le referendum, il entra au gouvernement en 1958
Ancien Secrétaire d'Etat
Professeur de droit à l'Ecole supérieure d'administration de l'IPGAN
Kidnappé à domicile en décembre 1970
Pendu en public sans procès quelques semaines plus tard, le 25 janvier 1971 au pont Tombo à Conakry.


Secrétaire d'Etat à la Présidence au moment de son arrestation, Barry III vint présenter son soutien moral à Sékou Touré au lendemain de l'attaque guinéo-portugaise du 22 novembre. Il sera arrêté et exécuté quelques semaines.


Ici, Barry III est torturé, ligoté, et affublé de talismans fournis par ses bourreaux. Il conservera cependant son port altier jusqu'à l'ultime supplice du Pont Tombo, où, après un faux procès, Magassouba Moriba, Baldet Ousmane, et Keita Kara Soufiana, et lui-même, seront nuitamment pendus par Diarra Traoré en personne, sur ordre et en présence de Sékou Touré et des membres du BPN.
Dans Prison d'Afrique J-P. Alata a fait l'oraison funèbre de Barry III ainsi qu'il suit :


« Il y a trois mois, il s'en est donc bien allé vers la mort. Lui, dont l'ambition était de diriger son peuple vers la liberté, il s'est balancé au bout d'une corde, en plein centre de Conakry. Un cercle de voyous et de catins ont insulté son pauvre cadavre.


J'apprendrai plus tard tous les détails de l'exécution. La mort miséricordieuse a épargné à son visage la grimace affreuse des suppliciés de la corde. Ibrahima, vaincu de la politique, est resté vainqueur de son dernier combat. Il est mort en regardant l'horreur en face. Musulman sincère, il a accepté l'au-delà comme sa demeure choisie. Il est mort en homme.
Qui sait? Les générations futures chanteront-elles, peut-être, le geste des pendus du Pont Tumbo, des martyrs morts dans l'ignorance de leur crime. Parmi eux, peut-être, glorifieront-elles le courage de Barry le Sérianké, qui, à l'ultime minute, réconforta ses compagnons et mourut la tête haute, le geste de Barry III qui, cette nuit du 25 janvier 1971 et toute la longue journée du lendemain, se balança sinistrement sur l'autoroute, appelant la malédiction divine sur ses assassins.»