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Un petit Guinéen contredit la FIFA sur la sanction du Barça

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(Lejour.info) - La situation d’Abdoul Diallo, un Guinéen de 10 ans, contredit l'argumentaire de la FIFA qui a sanctionné le FC Barcelone

dans une affaire de mineurs étrangers recrutés par le club catalan. Son père, Benat Diallo, un chauffeur routier installé en Espagne depuis 1999, se dit choqué de voir son fils cité dans ce dossier et défend la politique de formation du Barça.

Les passions se déchaînent du côté du Camp Nou depuis que la FIFA s'est attaquée, le 2 avril 2014, à la politique de formation du FC Barcelone (FCB). Elle a en effet reproché au FCB d'avoir commis des irrégularités dans le recrutement de dix mineurs étrangers. Depuis, le président du club catalan, Josep Maria Bartomeu, a reconnu quelques irrégularités, tout en demandant que des exceptions soient autorisées au cas par cas dans le règlement mis au point en 2009. Et ce, eu égard à la tradition et à la qualité de la politique de formation du Barça. Les dirigeants barcelonais veulent faire valoir leur position et tenter d'éviter l'interdiction de recrutement dont ils font l'objet jusqu'en juin 2015

De fait, il n’est pas toujours facile de contrôler les transferts de mineurs dans un football de plus en plus mondialisé. Le cas d'Abdoul Diallo semble en tout cas contredire les arguments avancés par la FIFA… Né le 2 janvier 2004 en République de Guinée, ce garçon bourré de talent a séjourné au centre de formation du FC Barcelone de 2011 à 2013. Mais, contrairement aux craintes de la Fédération internationale, il ne s'agirait pas d'un transfert, puisque le gamin habite la Catalogne espagnole... depuis l'âge de 3 ans. C'est son père, Benet Diallo, émigré en Espagne en 1999, qui raconte son histoire à RFI... en espagnol, une langue qu'il maîtrise aujourd'hui mieux que le français, tant les quinze années passées dans ce pays ont déteint sur lui.

Arrivé avec le regroupement familial

C'est à Manresa, ville située à 65 km de Barcelone, que ce chauffeur routier s'est installé à son arrivée en Espagne. « Après quatre ans, immigrant parfaitement légal, je suis reparti en Guinée pour me marier. C'est là-bas qu'Abdoul est né. Trois ans plus tard, j'ai enfin pu faire valoir mon droit au regroupent familial pour faire venir ma femme et mon fils. » Depuis, deux autres enfants, nés en Espagne, sont venus agrandir la famille Diallo.

« Dès l'âge de 5 ans, Abdoul a commencé à jouer dans une équipe du quartier, la Sagrada Familia. C'est là que le Barça l'a remarqué et qu'il a pu rejoindre le centre de formation en 2011 », explique Benat Diallo, tenaillé entre l'envie de faire connaître sa véritable histoire et la crainte de médiatiser davantage un enfant qui, dit-il, a du mal à comprendre le pourquoi de cette histoire. « Il est indigné », martèle son père. « Indignado! »

17 buts en 27 matches

Car le petit Abdoul n'a qu'une envie, continuer à jouer et à marquer des buts. La saison dernière, il en a inscrit 17 en 27 matches avec le maillot « blaugrana » dans sa catégorie d'âge. Avant de rejoindre cette année un club de Manresa, la ville où il habite, afin de mieux se concentrer sur ses études. Mais le Barça ne le perd pas de vue.

Depuis que le nom d'Abdoul a été cité dans cette affaire, la famille Diallo s'interroge sur la marche à suivre. Son père veut surtout que la FIFA présente des excuses à son fils et que son nom ne soit plus cité dans ce dossier. Il veut aussi qu'il soit bien clair que sa famille est venue en Espagne pour commencer une nouvelle vie, et en aucun cas pour suivre le petit enfant.

Dans son entourage pourtant, certains amis n'excluent pas l'éventualité d'une action légale. « Il faut que le monde sache qu'une injustice terrible est en train d'être commise », affirme Bernat Bernabeu, qui se présente comme ami et conseil de la famille. Reste à savoir si la FIFA sera prête à faire amende honorable dans une affaire décidément bien embrouillée.

Par RFI