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Enta : La maison d’un citoyen incendiée suite au décès suspect d’un autre

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(Lejour.info) - La maison d’un citoyen du nom de Alhousseiny Diallo a été incendiée et saccagée par des citoyens en colère ce week end dans le quartier Enta Château, Commune de Matoto. La cause : le décès d’un autre du nom de Soumaoro suite à une garde à vue dans les locaux de la gendarmerie du coin.

Aujourd’hui, la maison de M. Diallo a été totalement dévastée, les biens emportés y compris son coffre-fort pesant selon lui 400 kg. Sa femme et ses enfants, menacés de mort se trouvent cachés dans un lieu tenu secret. Lui-même se disant menacé, vit dans un autre lieu.

Le couple Diallo s’est exprimé séparément ce matin sur les ondes de radios privées de la place.

La cause de ce drame,  Alhousseiny Diallo l’a expliquée à la presse. A l’en croire, ils possèdent plusieurs véhicules de transport, essentiellement des muni-bus. Constatant  l’insuffisance des recettes que lui versaient les chauffeurs, il a décidé de les immobiliser. Pour une question de sécurité, il les a confiés à Monsieur Soumaoro  qui assurait la garde d’un parking. Récemment, il émet le désir de les réparer pour les revendre. Fort, malheureusement, il constate la disparition de plusieurs pièces d’une valeur estimée à 15 millions de francs. Suite à une concertation avec le gérant, il porte l’affaire à la gendarmerie car le gérant soupçonnait lui-même les jeunes à sa charge qui l’aident à sécuriser le parking.

Convoqué à la gendarmerie, Soumaoro s’y présente mais sans ces « petits ». Les gendarmes le laissent aller pour les faire amener. D’une convocation à l’autre, il finira par être placé en garde à vue. Le samedi dernier, il exprime le besoin d’aller aux WC et il y dure plusieurs minutes. Un gendarme vient constater que l’infortuné est dans un état comateux. Conduit à l’hôpital, il y rend l’âme. Et d’après l’autopsie, il a été emporté par une fièvre typhoïde. Aux dires de la gendarmerie rapportés par M. Diallo, la victime n’a subi aucune torture.

Vrai ou faux, les proches de M. Soumaoro considèrent Diallo l’assassin de leur  parent. Et ils se sont rendu justice. Dans son témoignage, il indexe les autorités et l’imam du quartier qui auraient manqué de rigueur dans la gestion du dossier et auraient dissuadé la gendarmerie d’intervenir pour éviter le pire.

Aujourd’hui, M. Diallo se dit victime d’un règlement de compte de la part de ses cohabitants, il déclare avoir perdu en quelques heures les fruits d’un labeur de 40 ans. Il demande l’intervention du chef de l’Etat, regrette la démission des autorités face à son drame et se dit déterminé à aller jusqu’au bout.

Mohamed Camara/Lejour.info