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Rafiou SOW, Président du PRP : « Il faut rajeunir la classe politique»

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(Lejour.info) - Le paysage politique guinéen est dominé par des leaders de la vieille génération. Un constat sur la physionomie de la nouvelle Assemblée nationale illustre ce fait, qui malheureusement éloigne la Guinée des réformes appropriées à la performance économique. Car les jeunes et les femmes sont mis à l’écart dans la prise de décision. Pour mettre fin à ce déséquilibre, des jeunes osent créer leur propre formation politique pour s’exprimer et éventuellement conquérir le pouvoir. A l’instar de RafiouSow, qui a récemment lancé une nouvelle formation dénommée PRP (Parti pour le Renouveau et le Progrès). Lejour.info, l’a rencontré pour en connaitre un peu plus sur ses ambitions, son programme et sa manière d’apprécier la situation générale du pays. Entretien….

Lejour.info :  Qui est RafiouSow ?

Je suis un jeune Guinéen. Je vis en Guinée depuis un bon moment. Après mes études supérieures en Europe et en Amérique du Nord, nanti de mes diplômes (NDLR : ildiplômé en système de Communication de l’école polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse), j’ai pris la décision de rentrer au bercail pour apporter ma modeste contribution à son développement.

Quel est le motif de votre engagement politique ?

J’ai pris la décision de faire la politique, suite à un constat amer par rapport à la situation sociale, économique et politique du pays, par rapport au comportement néfaste des hommes politiques.  Ainsi, je me suis retrouvé avec des jeunes qui partagent mon souci. Ensemble, nous avons réfléchi et mis en place une structure politique. Nous avons nommé cette structure le PRP(Parti pour Renouveau et le Progrès).

-Votre parti, c’est le PRP, qui porte le même nom que celui de feu Siradjou Diallo, qui  fusionné avec l’UNR de Bâ Mamadou en 1998 pour devenir l’UPR. Pourquoi, vous avez opté pour ce nom alors que vous aviez la latitude de créer un autre ?

-Merci de m’avoir posé cette question. Quand on s’est retrouvé pour créer un parti politique, on a essayé de trouver une dénomination qui colle à nos idéaux. Nous voulions ressortir de cette dénomination deux mots : le progrès et le renouveau. On est tombé sur ce sigle. Après maintes analyses, nous nous sommes dit que ça serait une occasion pour nous de rendre hommage à ce grand homme qui s’est battu durant toute sa vie pour l’évolution de la démocratie en Afrique. Tout le monde sait que Siradjou Diallo a été un des baobabs dans la lutte pour la liberté et la démocratie, non seulement en Guinée mais aussi dans le continent. Puis que, Siradjou avait aussi des valeurs qui incarnent nos idéaux, nous avons opté pour ce nom.

-Mais pour quoi vous avez choisi être le leader d’un parti politique que de militer dans un autre bien connu de la place comme le font la plupart des jeunes de votre génération ?

-Nous avons constaté que la plupart des jeunes se prostituent à travers les formations politiques. On les utilise sans leur accorder la place qu’il faut. On en a marre de cette situation. Estimant que nous pouvons faire mieux lorsque nous sommes indépendants, nous avons décidé de créer notre propre structure. Nous voulons notre place sur l’échiquier politique pour éventuellement prendre part voire conduire les destinées du pays conformément aux intérêts de nos populations de toutes couches confondues. Car nous nous sentons pouvoir mieux faire que nos ainés.

-Est-ce que vous avez eu l’agreement au niveau du ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques ?

-Justement, nous nous battons dans ce sens depuis des semaines. Il y a des forces obscures qui agissent contre nous. Certains ont peur de notre venue dans l’arène politique.

Pourtant, lorsque nous avons déposé notre dossier au niveau du MATAP, après examen, il nous a été signifié qu’il n’existe aucun obstacle. Et ils nous ont promis l’agreement dans un délai court. Et nous voici sans cet agreement après plusieurs mois.

Quand même nous avons bon espoir de l’obtenir puis que c’est notre droit inaliénable si nous remplissons toutes les conditions.

-Qui finance votre parti ?

-C’est surtout, nous. La base, les nouveaux adhérents, les amis de l’extérieur, tout le monde se mobilise et chacun apporte sa contribution. Le président du PRP a assez des relations dans le monde entier qui nous aident. Très prochainement, d’ailleurs, nous avons des promesses de dons de la part des organisations de soutien et des sympathisants.

-Aujourd’hui, on peut savoir le niveau d’implantation de votre parti ?

-Je peux vous dire qu’après quelques mois de fonctionnement, nous sommes implantés à 50 pour cent au niveau du territoire national. Nous sommes largement implantés à Conakry et à l’intérieur du pays, notamment Kindia, Mamou, Dalaba, Mali et à Fria où le président du parti est né. Nous avons des représentants qui sillonnent N’Zérékoré depuis deux semaines. Dans les prochains jours, nous allons installer le bureau fédéral de Labé.

-Aujourd’hui, la Guinée compte plus de 150 partis politiques légalisés. En ce qui vous concerne, que comptez-vous apporter de nouveau au paysage politique ?

-C’est ce que j’ai déclaré la fois passée sur les ondes. Nous avons notre façon de faire la politique. Nous nous sommes lancés dans l’arène politique puis que nous avons constaté que nos ainés sont en déphase de besoin de nos populations, singulièrement la jeunesse. Nous voulons changer les choses positivement. Nous voulons qu’il y ait plus de respect de droits de l’homme, que les citoyens aient une vie décente.  Cela n’est possible que si la jeunesse prenne les destinées du pays comme cela se passe au Sénégal et partout à travers le monde.

Nos ainés nous ont donné l’indépendance. A notre tour, de développer le pays. Evidemment, nous avons besoin de leurs conseils et de leur expérience pour éviter les erreurs qu’eux elles ont commises.

-Peut-on s’attendre à une participation du PRP aux prochaines échéances électorales, les communales et les présidentielles ?

-La priorité du PRP c’est les élections communales et communautaires. Nous comptons conquérir le maximum de conseils de quartiers, de districts et de mairies. Puis que nous nous battons pour que les jeunes soient dans toutes les structures étatiques.

Par contre, le PRP n’aura pas un candidat aux présidentielles de 2015. Mais nous allons nous atteler à ce que ces élections aient lieu à temps normal et dans les normes. Ça sera l’objectif du PRP.

-Vous êtes de quelle obédience politique, de la mouvance ou de l’opposition ?

-Pour l’instant, nous avons nos propres idéaux, notre propre ligne. Notre objectif consiste à nous battre pour que ce pays ne brûle pas. Comme nous ne sommes pas candidats à cette présidentielle, il s’agit pour nous  de faire assoir nos ainés de deux bords autour d’une même table afin que nous nous entendions sur la façon d’organiser ces élections, que nous respections ces échéances électorales, que les choses passent dans les meilleures conditions. Car nous les jeunes sommes perdants si le pays brûle. Ceux qui vont accepter de suivre cette ligne, nous serons du même bord avec eux.

-Quelle lecture faites-vous de la gouvernance du Pr Alpha Condé depuis son arrivée au pouvoir en 2010 ?

-Depuis que le Professeur est là, nous avons fait un constat très amer. Il n’a pas atteint ses objectifs par rapport à ce que la Guinée devait être. Donc, c’est un constat d’échec. Nous pensons que si le Professeur n’a pas échoué, il est sur la voie de l’échec. Il faut le lui rappeler cela pour qu’il change des méthodes afin que la Guinée puisse aller de l’avant, pour qu’il termine son mandat avec une note mieux que celle qu’il a aujourd’hui.

-Pour ce qui est de l’opposition, qu’elle appréciation faites-vous de sa démarche visant à obtenir des conditions favorables à la tenue des élections libres et transparentes.

-Franchement, j’apprécie l’essentiel de ce que l’opposition a fait. Aujourd’hui, elle est à l’Assemblée nationale. Grâce à elle, nous avons tenu les élections législatives, nous la remercions. Mais, moi je constate une lenteur, une inertie dans ses actions. Depuis la tenue des législatives, elle bouge moins. A mon avis, il faut amener le pouvoir à respecter l’Accord du 3 juillet.  Même si à mon avis cet accord est aujourd’hui caduc.  Il faut ramener tous les acteurs autour d’une même table afin de trouver un consensus pour nous sortir du bourbier, trouver rapidement un chronogramme pour respecter l’échéance électorale. Ce n’est pas en 2015, l’année de la présidentielle qu’on doit parler des élections communales et communautaires. Je pense que mes frères de l’opposition travaillent bien. Mais, il vaut mieux faire pour amener le gouvernement très rapidement à organiser ces élections.

-Le mot de la fin ?

-Je m’adresse à tous les Guinéens, particulièrement aux jeunes. La jeunesse a été trop martyrisée. Les jeunes sont abandonnés à eux-mêmes. Ils se livrent à la consommation d’alcool et de la drogue, au banditisme, au proxénétisme,…. Nous devons agir afin que nous sortions de cette situation.  Parmi les jeunes, il y a beaucoupqui ont une bonne formation. Ils peuvent bien gérer. Il faut qu’ils s’impliquent dans la gestion étatique. Il faut que d’ici 2020 que la classe politique soit largement rajeunie.

Enfin, je demande aux autorités d’avoir plus d’égard au peuple de Guinée.

Réalisée par Oumar Yacine Bah

Lejour.info

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