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L'eau potable manque en Guinée

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(Lejour.info) - La réalisation annuelle des forages destinés aux populations en milieu rural en Guinée, baisse de 800 à 200 ouvrages par an 'à cause de la rareté des financements', a révélé mercredi au cours d’un entretien avec la PANA, Hamidou Baldé, Point focal du processus d’appui conseil aux communes rurales à la direction nationale du Service national des points d’eau (SNAPE).

M. Baldé précise que la rareté des financements ne signifie pas que les bailleurs de fonds n’accordent plus d’importance au secteur ou qu’ils ne sont pas satisfaits du service fourni par le SNAPE.

'Au contraire, le taux de fonctionnalité record des forages varie entre 90 et 92%. Les partenaires financiers apprécient bien le travail du service', a-t-il dit.

Les activités du SNAPE, qui ont démarré au cours des années 80 en vue de pallier la pénurie d’eau potable en milieu rural, dont le taux de couverture est de 58,6 pour cent contre 55 pour cent en milieu urbain, ont permis, selon la même source, de réaliser 15.000 forages équipés de pompes manuelles et plus d’une centaine d’adduction d’eau avec des panneaux solaires.

En dépit des efforts consentis pour la réalisation d’un nombre important d’ouvrages hydrauliques, reconnait le responsable de la formation au SNAPE, la fourniture en eau potable varie toujours entre 40 et 70%, avec un ratio allant de 300 habitants par fontaine d’eau au départ à 150 habitants actuellement.

'La demande existe toujours, surtout dans les villages où faute de routes, l’accès est encore difficile pour le transport des équipements de forage', assure-t-il, ajoutant que le SNAPE a été contraint de développer dans certaines localités une technique de forage manuelle.

Selon M. Baldé, ces résultats sont satisfaisants en dépit de la demande qui reste toujours forte en Guinée, à l’image des pays voisins comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal où l’hydraulique villageoise a commencé il y a 50 ans, mais la demande y existe encore.

Evoquant le coût d’un ouvrage, le responsable de la formation au SNAPE assure que le budget d’un ouvrage est d’environ 60 millions de francs guinéens pour le forage, environ 8.500 dollars américains, tandis que l’aménagement d’une source en surface varie entre 5 et 10 millions de francs guinéens pour les populations qui se déplacent pour aller vers le point d’eau.

En revanche, une source aménagée en hauteur pour alimenter plusieurs villages peut nécessiter un décaissement d’une centaine de millions de francs guinéens payés par les partenaires, avec une participation de l’Etat et des communautés qui se situe autour de 20%.

Le SNAPE estime que la gestion et l’entretien des forages ne sont pas bien assurés 'parce que les structures de gestion, composées des membres et responsables des communautés, ne fonctionnent pas bien souvent'.

Les cotisations et autres ressources issues de la vente de l’eau à la pompe et destinées à l’entretien des ouvrages, sont souvent détournées, déplore encore la structure qui dénonce aussi les vols de matériels enregistrés au niveau des installations, ce qui, selon lui, provoque des pannes prolongées, voire définitives des forages.

Toutefois, le SNAP assure que l’Etat tente de bannir cette pratique en faisant de la gestion de l’eau l’une des 32 compétences transférées aux 304 communes rurales du pays.

Selon le document de planification du développement, intitulé 'Guinée, Vision 2010', pour atteindre les objectifs de 'la vision mondiale de l’eau en 2025', décidée lors de la Journée mondiale de l’eau convoquée en mars 2000 à La Haye (Pays-Bas), il faut lever plusieurs contraintes.

Il s’agit de l’insuffisance, voire l’absence de responsabilisation des populations bénéficiaires à la mise en œuvre des projets, la faible représentativité des femmes dans les instances de décisions, la faible scolarisation de la jeune fille, l’inexistence d’une politique nationale d’assainissement, entre autres.

On rappelle qu’il existe une dizaine de bassins fluviaux en Guinée, considérée comme 'le château d’eau de l’Afrique', où les fleuves Niger et Sénégal prennent leurs sources. Les besoins en eau domestique en 2025 en Guinée sont estimés à 414.682.632 m3 en milieu urbain contre 168.944.758 m3 en milieu rural.

PANA