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Mohamed Lamine Kaba leader du parti FIDEL:« La Guinée est riche de sa diversité »

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(Lejour.info) - Mohamed Lamine Kaba poursuit sa croisade contre les prophètes de la division et tous leurs acolytes aboyeurs de service qui unissent leurs forces maléfiques pour pousser le pays vers le précipice. Avec des preuves irréfutables, il remet le pied dans le repas des rapaces et dit halte aux semeurs de haine. Entretien.

Le Populaire : Leader du Front intégré pour la démocratie et la liberté (Fidel) et coordinateur du mouvement Tout sauf Alpha (TSA), vous persistez à accuser le régime d’avoir mis en place une stratégie électoraliste de division des Guinéens et particulièrement des habitants du Fouta Djalon. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Mohamed Lamine Kaba : En prélude aux élections législatives 2013, les administrateurs civils et certains responsables du RPG ont élaboré un document intitulé ‘‘Stratégie de mobilisation des populations du Fouta pour la victoire du RPG Arc-en-ciel aux élections législatives de 2013‘’ dont nous avons la copie de 33 pages. Il consiste à diviser cette population en vue de regrouper, d’orienter et fidéliser les ressortissants des villages roundhés au parti au pouvoir, tout simplement parce qu’ils ont des noms ou des liens historiques avec l’ethnie du président. Je précise que le journal hebdomadaire satirique le Lynx avait publié un extrait dans le numéro 1114 du 19 août 2013. C’est un vieux projet du Président Condé. Son frère Feu Malick Condé, que son âme repose en paix, avait effectué plusieurs voyages en Europe à la recherche des partenaires financiers en vue de soutenir les roundhés présentés comme les esclaves de notre temps à l’image des Harratanes de la Mauritanie. Il était même en train de rédiger un livre sur ce sujet lorsque Dieu l’a rappelé.

Je vous cite ses recommandations et suggestions sans ordre: Faire la promotion et la protection des ressortissants des villages roundhés; prêter aux sections des deux régions administratives de Labé et de Mamou pour appuyer la campagne, envoyer à Dalaba des forces de défense et de sécurité deux jours avant le scrutin, installer des micro finances de type nouveau dans les préfectures de Mamou, Dalaba et Pita pour financer les activités économiques des roundhés, ériger le district de Kouroumaninka en sous-préfecture, etc. Ce que ne savent pas les initiateurs de ce projet, dont nous avons les noms, ce concept suranné de roundhés n’est pas un problème culturel ni politique mais plutôt économique. Les affrontements récents prouvent à suffisance que ce sont des problèmes de terre entre les foulassos et les roundhés. Donc aucune exploitation politique ne peut prospérer. La preuve est cette intervention de Saloum Cissé, le secrétaire général du RPG Arc- en-ciel
à la radio Lynx FM après les élections législatives.

Je le cite «Combien de sommes que nous avons dépensées en Moyenne Guinée pendant ces élections et nous n’avons rien gagné». Cette somme s’élève à 3 148 350 000 FG. Nous avons les noms, les adresses et même les numéros de téléphones des bénéficiaires.

Vous estimez qu’il s’agit là d’un cynisme à combattre ?

C’est une immoralité énorme dans la mesure où, nous nous battons pour une nation ardente et indépendante. Une nation engagée pour la justice et la paix. Une voix qui s’élève au-dessus des intérêts partisans.

Pour l’intérêt de la Guinée, disons Non à une telle stratégie. Le vrai combat de la Guinée, le bon combat de la Guinée, c’est celui de l’unité, c’est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens. Oui, la Guinée est riche de sa diversité. Oui, l’honneur de la politique c’est d’agir d’abord pour l’égalité de chances. C’est de permettre à chaque guinéen d’avoir sa chance.

Qui sont les vrais auteurs de la création du terme Manding Djalon et les sources de financement de ses membres?

Cette association a été créée par le président Alpha Condé depuis 2005. Cette association à l’instar de toutes les associations à caractère régional, doit disparaitre du paysage sociopolitique de la Guinée. Notamment les quatre Coordinations régionales. Leur dissolution serait un grand service rendu à l’unité nationale. Elles sont devenues des forteresses et des sources d’inspirations politiques des esprits médiocres. Je constate avec amertume que lorsqu’un fils d’une région est inquiété par la justice c’est sa communauté qui réagit et le pouvoir cède. C’est le cas de Mathurin Bangoura, de Cheik Ahmed Camara, de Claude Pivi. Nous avons l’absurde impression que les coordinations sont plus puissantes que l’Etat. Parce que nous avons un président trop électoraliste.

Finalement, il n’a plus d’autorité.

Que vous inspire l’appel de Mansour Kaba ?

Je voudrais attirer son attention que presque toutes les régions naturelles de la Guinée ont une pratique ségrégationniste. En Forêt, lorsqu’on n’est pas initié aux secrets de la forêt sacrée, on ne peut pas participer à certaines réunions du village.

En Haute Guinée, jusqu’à présent, il y a encore des familles qui refusent le mariage avec une famille griotte, forgeronne cordonnière, etc. En Moyenne Guinée, il faut le reconnaitre, il y a encore des personnes conservatrices et nostalgiques de ce passé asservisseur. Mais la solution à tous ces problèmes n’est pas l’exploitation politique qu’on fait pour le cas particulier de la Moyenne Guinée. Plutôt une campagne de sensibilisation et des mesures d’accompagnement qu’il faut. Tel que le dédommagement des anciens propriétaires terriens des villages foulassos par l’Etat. Car, c’est le seul différend qui les oppose.

Vous vous indignez et appelez à s’indigner contre toute pratique communautariste. Cela sous-entend que vous voulez prévenir le pire dans ce pays ?

Il ne faut jamais composer avec l’ethnocentrisme, le régionalisme ou le rejet de l’autre.

Dans notre histoire récente, l’ethnocentrisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. Il divise, il pervertit, il détruit tout. Nous devons craindre les évolutions de choses politiques dans notre pays. Je veux lutter contre toutes formes d’injustices. Ce combat, malgré tous les obstacles et même si je mesure le chemin qui est à parcourir, il est désormais bien engagé chez le parti Fidel. Il doit nous unir dans la durée. C’est l’une des clés de notre avenir.

Grosso modo, que comptez-vous faire face aux critiques émanant du Rpg-Arc-en-ciel ?

Je laisse à chacun le soin de me juger selon son angle d’observation. C’est aussi ça la liberté d’opinion. S’ils peuvent accepter mes conseils, je veux leur dire d’accepter les critiques, les autocritiques et tirer parti. Ils doivent savoir également que les critiques de l’opposition obligent le pouvoir à améliorer la gouvernance. Donc, l’opposition ne doit pas être diabolisée car tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire. Et tout pouvoir est sage lorsqu’il se sent jugé. En tant qu’opposant, je fais mon travail.

Recueillis par
Diallo Alpha Abdoulaye
(Le Populaire)
Diallo Mouctar (L’Observateur)