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L’Ambassade de France en Guinée réagit à la déclaration de l’Association des enfants des tirailleurs sénégalais-AOF…

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(Lejour.info) - Bonjour Messieurs,

J’ai lu avec beaucoup d’attention et d’intérêt cette déclaration de l’association des enfants des tirailleurs.

Il y a dans ce texte un certain nombre d’approximations qui le rendent peu crédible : prétendre que plus de 161 millions de tirailleurs africains ont été recrutés me semble parfaitement illustrer ce point... Dans une déclaration, la plus petite erreur fragilise toute la démonstration même si celle-ci comprend des éléments véridiques, ce qui est le cas ici. Je n’en ai cité qu’une, mais il y en a beaucoup d’autres… Ces erreurs sont donc regrettables.

Je me permets simplement d’attirer l’attention de ses rédacteurs sur un point qui me semble essentiel : la France verse leurs pensions à tous les anciens combattants qui en font la demande et qui sont en mesure d’apporter la preuve de leur statut d’ancien combattant.

Depuis plusieurs années, la mission militaire de l’ambassade de France à Conakry apporte son soutien aux anciens combattants guinéens, en vérifiant que les pensionnés perçoivent bien la totalité de la pension à laquelle ils ont droit, et en apportant des secours et des soins médicaux aux anciens combattants les plus nécessiteux ainsi qu’aux veuves, très nombreuses en Guinée.

La France respecte ses engagements auprès des anciens combattants guinéens, au même titre qu’auprès des anciens combattants français.

Ainsi, si vous avez dans votre entourage un ancien combattant qui ne touche pas sa pension, il faut lui dire de la demander aux services de l’ONAC guinéen, qui a la charge d’instruire les demandes et de les transférer vers la France.

Enfin, il me semble utile de rappeler que la loi qui s’applique aux anciens combattants de l’armée française guinéens est la même que celle qui s’applique aux anciens combattants français :

·         La retraite du combattant est donnée à tous les Guinéens qui ont servi moins de 15 ans dans l’armée française et sont titulaire d’une carte du combattant. Cette pension disparaît à la mort du pensionné.

·         La pension militaire de retraire est servie à tous les anciens militaires qui ont servi plus de 15 ans dans l’armée française.
Cette pension est réversible à la veuve.

·         La pension d’invalidité est servie à tous les anciens militaires qui ont été blessés en service ou en opération et dont la blessure a été reconnue comme telle.

Cette pension est réversible à la veuve.

Attention pour qu’une veuve puisse bénéficier de la pension de son mari, leur mariage doit avoir été célébré avant la date de l’indépendance de la Guinée, c’est-à-dire avant le 2 octobre 1958.

Les enfants n’héritent jamais d’une pension militaire : celle-ci disparaît à la mort du pensionné ou de sa veuve, selon le cas. C’est la même chose que pour les enfants des anciens combattants français.

Enfin, en Guinée, c’est l’Etat guinéen qui est responsable du versement des pensions aux anciens combattants, et l’Etat guinéen demande ensuite à l’Etat français de lui rembourser l’avance qu’il a faite.

Chaque année, la France verse ainsi à la Guinée environ 5 millions d’euros au titre des pensions militaires.

Bien cordialement,

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Colonel Renaud Devouge

Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone

Attaché de Défense

Chef de la Mission de Coopération de Défense