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Le général Bouréma Condé : « il n’y a pas de fossé entre le militaire et le civil dans l’exercice d’une fonction de commandement »

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(Lejour.info) - Nommé le 24 février dernier au poste stratégique de ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le général de brigade Bouréma Condé continue toujours de recevoir à son domicile amis et connaissances qui viennent pour le féliciter. Dans ce bref entretien qu’il a bien voulu nous accorder dans la soirée de ce jeudi 26 Février, le nouveau ministre recadre le débat autour de sa nomination par le chef d'Etat. Lisez !

MEDIAGUINEE
: Vous êtes ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation depuis le 24 février dernier. Cette nomination intervient dans un contexte particulier dans la mesure où les élections présidentielles sont prévues pour cette année. Qu’est-ce que cette nomination représente à nos yeux en ce moment précis ?

Général Bouréma Condé : Cette nomination représente à mes yeux quelque chose de très important dans ma carrière administrative. Ce qui m’a le plus réconforté, c’est l’acceptation de ce choix du Président de la République par pratiquement toutes les composantes de la société guinéenne. A entendre et à suivre les médias surtout la presse parlée et vous avez suivi comme moi la mouvance et l’opposition, chacun s’est dit nous pensons qu’il peut. Ce seul mot est à nos yeux quelque chose de très important que nous devons absolument capitaliser. Il me plaît donc de remercier le Président de la République, Chef de l’Etat qui a jeté son dévolu sur ma modeste personne pour cet important poste à ce moment également important. Parce ce que vous l’avez dit il s’agit des échéances prochaines de la fin d’année 2015. Qu’on le sache sur toute l’étendue du territoire national, l’administration est là à travers les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets, les maires, les présidents de district, les chefs secteur. Il n’y a pas un centimètre carré de la superficie totale de la Guinée qui échappe à une autorité quelque part de l’administration territoriale. C’est un sentiment de fierté qui m’anime aujourd’hui, mais c’est un sentiment de fierté doublé d’une certaine inquiétude. Pourrai-je supporter la charge ? Mais je me presse de répondre oui. Avec la volonté des Guinéens tous bords confondus, je pense que nous pourrons mener à bon port cette barque. Je m’y engage fermement.

Le gouvernement vient de rendre publique une déclaration dans laquelle il a déclaré que votre nomination s’inscrit dans l’intensification de la lutte contre Ebola et des efforts décentralisés en Guinée. Qu’est-ce que vous en dites ?

Monsieur le porte-parole du gouvernement a été on ne peut plus clair par rapport à la motivation de l’Etat guinéen pour ce choix. Vous savez qu’aujourd’hui l’un des plus lourds fardeaux qui pèse sur la société guinéenne c’est bien ce mal que nous n’avons jamais souhaité et qui s’appelle Ebola. La maudite maladie et que Dieu l’a fasse quitter rapidement notre pays. Si on a eu des difficultés à en finir totalement jusque maintenant avec ce mal, c’est que partout en Guinée l’acceptation des messages véhiculés n’a pas accompagné. Il faudrait bien qu’on s’y mette. Et qui le fait ? C’est bien encore l’administration du territoire. Il faudrait que les autorités à tous les niveaux soient là pour être un appui décisif des techniciens que sont le personnel médical afin que leurs différents messages soient acceptés par les populations. Donc nous aurons comme première manche ce gigantesque travail. Déjà beaucoup de choses sont faites parce qu’Ebola est entrain de partir. Quoique cela soit à petit pas, mais il est entrain de quitter le territoire guinéen. D’ailleurs qu’il quitte entièrement le monde entier. Donc nous allons nous atteler à ça dans les toutes premières semaines de notre prise de service. Il faudrait que les messages de sensibilisation que véhiculent aussi bien les membres du gouvernement, les ONG de la place et les autorités religieuses soient acceptés. Et ça, l’acceptation du message sur l’étendue du territoire national passe forcément par l’administration territoriale. Donc, nous nous engageons aussi comme je l’ai dit tantôt à ce que ce défi soit relevé.

Certains citoyens doutent un peu aujourd’hui le fait vous soyez encore un militaire en activité. Quelle assurance pouvez-vous leur donner?

Non. Un militaire en activité, je ne sais pas que cela soit un frein à l’exercice d’un pouvoir. Regardez un peu dans la sous-région. Généralement mes collègues ministres de l’Administration sont tous des militaires. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller voir au Sénégal, au Mali où un peu partout peuvent aller voir. Ce sont des militaires. Il n’y a pas ce fossé là entre le militaire et le civil dans l’exercice d’une fonction de commandement. Moi, je suis un peu de la maison administration centrale. Parce qu’il n’y a pas cet escalier que je n’ai pas franchi. A commencer par le poste de sous-préfet. Je l’ai fait pendant six ans et à un endroit où on a dit non il faut un militaire. C’était Banankoro. Plus tard on a dit, il y a des recrudescences des affrontements à Mandiana. Là on n’a pas demandé est-ce qu’il faut envoyer un militaire u pas ? J’y suis allé. Ensuite c’était N’zérékoré. On dit N’zérékoré ingouvernable et six ministres avaient été éconduits une fois suite à une révolte militaire. On a dit il faut un militaire pour venir comme préfet et gouverneur. J’y suis allé gouverneur préfet un an et gouverneur deux ans. Je suis revenu ministre à Conakry et les remous ont commencé à N’zérékoré et on a encore dit qu’il faut un gouverneur militaire, on m’a retourné et je suis parti. Alors pourquoi ne pas exercer mon travail. Je le ferai s’il s’agit de l’intérêt de la nation guinéenne.

Merci Monsieur le ministre

C’est à moi de vous remercier.

Avec Merdiaguinee.net