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Réunion stratégique régionale de Cités et Gouvernements Locaux Unis d'Afrique

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Résultat de recherche d'images pour "Afrique : Réunion stratégique régionale de Cités et Gouvernements Locaux Unis d'Afrique"(Lejour.info) - L'organisation panafricaine Cités et Gouvernements Locaux Unis d'Afrique (CGLU Afrique) (www.UCLGa.org) a tenu sa réunion stratégique régionale pour l'Afrique de l'Ouest au Tang Palace Hotel à Accra, Ghana, du 28 au 29 mai 2018. La réunion a été organisée en collaboration avec l'Association Nationale des Autorités Locales du Ghana (NALAG).

Cette rencontre était la quatrième réunion stratégique régionale de CGLU Afrique. Les précédentes réunions stratégiques se sont tenues à Nairobi, au Kenya, du 10 au 11 avril 2018, pour la région de l'Afrique de l'Est; à Libreville, au Gabon, les 16-17 avril pour la région de l'Afrique centrale et à Walvis-Bay, en Namibie, du 7 au 8 mai pour la région de l'Afrique australe.

L’ensemble des quinze pays de la région Afrique de l’Ouest a participé à la réunion: le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Distribué par APO Group pour United Cities and Local Governments of Africa (UCLG Africa)

Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, et le Togo.  Les délégués comprenaient des présidents des associations nationales de gouvernements locaux, des dirigeantes du Réseau des femmes élues localement d'Afrique (REFELA), et des secrétaires permanents des associations nationales de gouvernements locaux.

La réunion a été officiellement inaugurée par son excellence Hajia Alima Maham, Ministre des Gouvernements locaux et du Développement rural du Ghana, en présence de son excellence Ishmael Ashitey, Ministre régional du Grand Accra; son excellence Nii Felix Anang, Maire de l'Assemblée métropolitaine de Tema et Président de NALAG; et  M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique. Parmi les autres participants figuraient des acteurs clés des gouvernements locaux au Ghana, à l’instar du Dr Fréderic Varenne, le Représentant de la délégation de l'Union européenne au Ghana; le Secrétaire exécutif du Comité de coordination interministériel sur la décentralisation, l’ingénieur Salifu Mahama ; le Chef du Secrétariat du Service des gouvernements locaux, Dr. Nana Ato Arthur ;  Le coordinateur du Projet de Gestion Urbaine du Ghana, M. Aloysius Bongwa ; Le Directeur de l'Institut urbain du Ghana, M. Prosper Dzansi; et le Président de l'Association ghanéenne pour l'administration publique et la gestion, Dr. Gifty Oforiwa Gyamera

Son Excellence Hajia Alima Mahama a exprimé sa satisfaction de voir la réunion d'Accra discuter des progrès de la décentralisation en Afrique de l'Ouest et élaborer des stratégies pour améliorer la mise en œuvre effective des politiques de décentralisation et de bonne gouvernance dans les gouvernements locaux et relever les défis rencontrés dans la gestion quotidienne des communautés. Hajia Alima Mahama a ensuite déclaré la réunion officiellement ouverte.

Les travaux ont été  présidés par Son Excellence Nii Felix Anang, Président de la NALAG, et modérés par M. Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire Général de CGLU Afrique.

Lors de la séance d'ouverture, il a été présenté aux membres les principaux agendas dont discuteront les autorités locales et régionales d'Afrique. Parmi ceux-ci figuraient l'Agenda 2063 de l'Union africaine; la Charte africaine de la démocratie et des élections; la Charte africaine des valeurs et principes de la fonction publique; la Charte africaine sur  les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local; le Protocole de l'Union africaine sur l'égalité des femmes; et la création du Haut conseil des autorités locales en tant qu'organe consultatif de l'Union africaine.

- Au niveau de l'Afrique, les participants ont été invités à considérer l'urgence de faire signer et ratifier par leurs pays respectifs la Charte africaine sur les valeurs et les principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local. Depuis son adoption par les chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine à Malabo, en Guinée équatoriale en 2014, la charte a été signée par 13 pays mais ratifiée par seulement 3 pays (Madagascar, Burundi et Namibie).  La Charte deviendra un instrument juridique de l'Union africaine lorsqu'elle sera signée et ratifiée par 15 pays et déposée auprès de la Commission de l'Union africaine. Les participants ont décidé de créer un comité spécial qui se rendra dans les différents pays de la région pour accélérer la signature et la ratification de la charte.

- Au niveau mondial, il a été pris en considération l’Agenda de l’Action d'Addis-Abeba; le Protocole de Sendai sur la gestion des catastrophes; l’Agenda 2030 relatif aux Objectifs de développement durable; l'Accord de Paris sur le changement climatique, et le Nouvel Agenda Urbain.

Il a été conseillé aux gouvernements locaux et régionaux d'intervenir sur ces agendas afin d’en localiser les buts et objectifs; de planifier la voie à suivre pour leur mise en œuvre; et de mener un processus de Mesure, de formulation de Rapports et de Vérification de leurs actions concernant leur mise en œuvre.

Il a ensuite été présenté aux participants le Nouvel Agenda Urbain adopté par les Nations Unies à Quito en octobre 2016, prenant en considération le fait qu’à l’instar d'autres régions du monde, l'Afrique s'urbanise  à un rythme rapide et que sa population urbaine serait de 1,2 milliard de personnes dans les 30 ans. Les décideurs ont été mis au défi de changer leurs attitudes et d'accepter l'urbanisation comme un fait et de s'attaquer aux problèmes de la croissance urbaine en Afrique, ce qui se traduirait par la croissance des bidonvilles et des établissements informels. Il serait essentiel que la question de l’emploi soit abordée et que des postes de travail soient créés pour les 300 millions de jeunes qui entreront sur le marché du travail dans les années à venir, étant donné que la majorité des citadins sont des jeunes de moins de 20 ans, d'où l'insistance sur le fait que les dirigeants des gouvernements locaux et régionaux doivent prendre des mesures audacieuses dès maintenant. L’heure est venue pour les autorités locales de jouer un rôle de leader dans la gestion du défi urbain.

Le Dr Alioune Badiane, ancien Directeur de la Division du programme d'ONU-HABITAT, a souligné la nécessité:

- de faire un plaidoyer pour l'avancement de la décentralisation et la mise en place d'un environnement propice aux actions et initiatives des collectivités locales et régionales ;

- de réformer le cadre législatif de l'urbanisation en mettant l'accent sur la réglementation foncière pour stimuler l'offre foncière et contribuer à la densification du tissu urbain ;

- de réaliser un aménagement urbain impliquant tous les citadins, y compris les citadins informels ;

- de revitaliser de manière radicale les mécanismes de financement des gouvernements locaux et régionaux avec de nouvelles dispositions pour une mobilisation accrue des ressources, l'accès aux prêts et au marché financier  et les partenariats novateurs, y compris avec le secteur privé; les PPP (Partenariat public-privé ou Partenariat Public- Populations); ou 4Ps (Partenariat public, privé, et de Personnes).

Les participants ont ensuite passé en revue le statut des adhésions à CGLU Afrique en Afrique de l'Ouest. Les déclarations d'adhésion étaient attendues de CGLU Afrique dans la région, mais sur les 15 membres, seuls 8 s'étaient conformés. 7 n'avaient pas encore répondu à l'enquête et ont promis d'envoyer les informations requises au Bureau Régional Afrique de l'Ouest de CGLU Afrique.

Cela a été suivi d'une séance au cours de laquelle les participants ont échangé des informations sur l'état de la décentralisation dans la Région de l'Afrique de l'Ouest et sur la nécessité de faire pression sur les gouvernements nationaux pour qu'ils « fassent leur part du travail » en mettant en œuvre efficacement  le transfert de ressources financières et humaines aux gouvernements locaux; d’améliorer la représentation des femmes dans le gouvernement local; et de reconnaître le rôle des autorités locales dans la lutte contre le changement climatique et la corruption, en soulignant la nécessité de renforcer les capacités des autorités locales et la participation des citoyens à la gouvernance locale. En Afrique de l'Ouest, les femmes sont encore sous-représentées dans les administrations locales et le transfert financier des ressources est encore faible. Sur la question du genre, le Sénégal réalise les plus grands progrès en ce qui concerne la parité totale. Les budgets des administrations locales représentaient en moyenne entre 3 et 7% des budgets des gouvernements nationaux dans la région.

Au cours de la deuxième journée de la réunion, les participants ont été informés des programmes et du réseau de CGLU Afrique. Les points saillants étaient les suivants: le Fonds de développement des villes africaines (FODEVA) dont le lancement devrait avoir lieu lors du prochain Sommet Africités à Marrakech, au Maroc; la Task Force CGLU Afrique  sur le climat qui a été lancée lors de la COP 23 en novembre 2017 à Bonn, en Allemagne; et le lancement de l'Académie des gouvernements locaux africains, ALGA.

ALGA, qui vise à renforcer les capacités, le professionnalisme et le comportement éthique des administrations locales et régionales à travers le continent, offre un cours d’Exécutive Master pour les cadres supérieurs des gouvernements locaux africains et une série de cours spécialisés dispensés par les collèges d’ALGA. Les cours d'ALGA, ainsi que ses Exécutives Masters, sont dispensés par ses institutions d'ancrage à travers l'Afrique; dont deux institutions d'ancrage basées au Ghana. ALGA a également conclu une série d'accords pour faire partie des réseaux les plus importants d'institutions de formation et de recherche à travers le monde. ALGA propose des formations et des cours de renforcement des capacités pour l'ensemble des réseaux de CGLU Afrique. Parmi ces réseaux figurent: le Réseau des femmes locales d'Afrique (REFELA); le réseau des Secrétaires généraux (City Managers, Africa MAGNET); le réseau des Directeurs financiers (Africa FINET); le Réseau des directeurs techniques (Africa TECHNET) et le réseau des Directeurs des Ressources humaines des gouvernements locaux et régionaux africains (Local Africa HR-Net).

La mise en place d'un indice de transparence et d'intégrité des autorités locales a également été évoquée.  Pour ce faire, les municipalités ont été invitées à créer un site Web pour diffuser des informations clés à l’attention de leurs citoyens. Les participants ont également reçu des informations concernant le Mécanisme Panafricain d’Examen par les Pairs de CGLU Afrique.  

Les participants ont été informés du lancement de trois campagnes principales issues du plan d'action triennal de REFELA  (2018-2020) à savoir: Villes africaines sans enfants des rues; Villes africaines Tolérance zéro en ce qui concerne les violences faites aux femmes; et Villes africaines Encouragement du Leadership et 'autonomisation économique des Femmes. Les participants se sont engagés à soutenir ces campagnes dans toute la région et ont promis d'encourager autant de villes que possible à y souscrire.

Ceci fut suivi d'une présentation de la 8ème édition du Sommet Africités qui se tiendra à Marrakech, au Maroc, du 20 au 24 novembre 2018 sur le thème « La transition vers des villes et territoires durables: le rôle des gouvernements locaux et régionaux d'Afrique: Ce thème a été proposé par les dirigeants de l'Afrique locale pour prendre en compte la mise en œuvre de l'Agenda 2063 et de l'Agenda 2030 au niveau des villes et des territoires.

Plus de  5 000 personnes sont attendues au Sommet Africités. L'inscription en ligne pour la conférence est maintenant ouverte sur le site Web d'Africités, www.Africites.org et pour le Salon Africités à l’adresse www.SalonAfricites2018.com . Les membres d'Afrique de l'Ouest ont été encouragés à commencer la mobilisation pour le sommet. Ils ont également été informés que l'assemblée générale de CGLU Afrique aura lieu le 23 novembre 2018 dans le cadre du sommet et que chaque région devrait commencer à organiser des caucus en vue de désigner ses candidats à un siège au sein des organes de CGLU Afrique. Les candidatures doivent parvenir au secrétariat de CGLU Afrique avant le 22 novembre 2018 à 17h00.

Africités: Le rassemblement démocratique le plus important en Afrique .

www.Africities.org

Africités est l'événement phare panafricain des Cités et Gouvernements Locaux Unis d'Afrique qui se tient tous les trois ans dans l'une des cinq régions d'Afrique.

Les participants à la réunion ont discuté de la relation de CGLU Afrique avec l'Union européenne. En 2013, l'UE a adopté une communication qui reconnaissait pour la première fois les autorités locales en tant qu'autorités publiques à part entière. Suite à cette reconnaissance, l'Union européenne a conclu un accord-cadre de partenariat avec des associations internationales et continentales de gouvernements locaux, dont CGLU-Afrique. Les participants ont été informés que, conformément aux dispositions de la Communication de l'UE de 2013 sur les Collectivités locales, les associations nationales peuvent être considérées comme ayant une position de monopole dans leurs pays respectifs et peuvent ainsi accéder aux fonds de coopération de l'UE alloués aux collectivités locales sans passer par des appels à propositions, à condition qu'elles présentent et discutent avec la délégation de l'UE d’un programme de mise en œuvre convenu avec les membres de ladite association nationale.

Les participants ont également été informés des négociations sur l'Accord post-Cotonou qui régiront les relations de coopération entre l'Union africaine et l'Union européenne pour les 20 prochaines années, à compter de septembre 2018. Ils ont été invités à plaider pour que leurs pays respectifs soutiennent la position de l'Union africaine et que des négociations se déroulent entre l'Union européenne et l'Union africaine et non entre l'Union européenne et les pays ACP, ce qui entraînerait une division de l'Afrique, l'Afrique subsaharienne étant séparée des pays africains riverains de la Méditerranée, qui sont inclus dans la coopération des pays voisins européens.

La dernière  réunion stratégique régionale  de CGLU Afrique pour la Région Afrique du Nord  aura lieu à Rabat (au Maroc) les 18 et 19 juin  2018.